Dans Mal de Me.r, un personnage mystérieux confronte et interagit avec le public, guidant son regard, ses mouvements et l'intensité de sa présence. L'espace public est son refuge, et les voix, les bruits et les échos composent un paysage sensoriel dans lequel ses questions et ses confessions résonnent. C'est l'appel d'un être mythologique qui désire devenir réel, être compris et qui, pour cela, partage ses tourbillons existentiels. Mal de Me.r est un spectacle contemporain sur l'acte d'être, de voir, d'entendre et de se souvenir.
Si le temps passe, que nous reste-t-il ?
Peut-être la mémoire.
Entre être des dieux, des mythes, des héros ou simplement réels. Des concepts au bord de l'abîme de l'existence. Après tout, quand l'idée de dystopie semble devenir réalité, elle-même perd son sens. C'est le naufrage de tous les concepts, de tout ce que l'humanité a compris et construit.
Le titre est le nom d'une sensation physique, « mal de mer » divisant « mer » en « me » (moi, en anglais) et « r » (symbolisant le bruit). L'erreur suspendue qui résonne. Un mal de mer existentiel, une provocation sur l'être.
L'installation sonore, portée par le musicien-performer qui la conduit, ouvre la voie à de nouvelles trajectoires interprétatives, réinventant la logique même des personnages et de leur portée figurative dans le récit. Elle met en lumière leur relation et le dilemme qu'ils traversent, renforçant la dimension sensorielle et l'approche plus subjective de ces dialogues.
La répétition et les effets sonores comme choix esthétique pour créer une bulle pulsante et un déplacement perceptif du public. Un inconfort potentiel qui trouve son rythme pour faire de la présence un pacte d'attention et de résonance.
C'est un troisième personnage, représentant la conscience du Temps, la version non humanisée du personnage performeur, oscillant entre son amplitude et sa trace désassociée, atténuant ainsi la déconnexion et la fragmentation qui les traversent.
Temps et Mémoire.
Mer et Civilisation.
Homère et Ulysse.
Narcisse et Écho.
Dévotion, contrôle et co-création.
Le public se retrouve dans la même vibration inquiète que le personnage, le suivre l'oblige à se déplacer, le comprendre l'oblige à regarder en soi et vers le tout. Jusqu'à ce qu'un autre personnage surgisse du public ; c'est la Mémoire, fascinée par le Temps depuis le début et qui vient alors briser la performance en entrant dans le jeu scénique. La relation platonicienne est subvertie, les egos sont fragilisés, mais la tension de leur relation pousse le Temps à abandonner le public, ne lui laissant que les échos de la Mémoire.